Situation : Beaucoup de Québécois travaillaient dans les chantiers forestiers au début du 20e siècle. Est-ce que leurs journées de travail ressemblaient à celles des ouvriers d’aujourd’hui? Quelles sont les ressemblances et les différences?

       « La vie de nos pères était bien différente de la nôtre. Ils ne trouvaient rien d’extraordinaire, eux, dans leur mode de vie. Ils étaient habitués dès leur enfance à travailler fort pour recevoir un petit salaire. Les employeurs savaient qu’ils pouvaient tirer profit* du mode de vie des travailleurs. 

      Il y a 100 ans, la journée de travail dans les chantiers était de plus de onze heures. On commençait tôt le matin et on finissait tard le soir. Tout le monde se levait pour être prêt à déjeuner à six heures précisément. Quand la dernière bouchée était à peine avalée, chacun allumait sa pipe et allait dans la forêt pour travailler même si le soleil n’était pas encore levé. Dans certains chantiers, il arrivait aussi que les hommes devaient partir pour travailler à six heures et marcher environ 2 km pour atteindre le chantier.

[…]

Les charretiers* sur les grands chemins faisaient des journées encore plus longues. En effet, dès quatre heures du matin, ils devaient effectuer plusieurs tâches. Ils devaient s’occuper de leurs chevaux, leur donner leur portion d’avoine et les étriller* avec soin. Ils faisaient toujours le même nombre de voyages chaque jour, environ trois ou quatre. S’il y avait un problème, ils étaient en retard d’une heure et même plus. Dans ce cas, il fallait que les tâches soient quand même faites, c’est-à-dire donner la nourriture aux chevaux, nettoyer leurs sabots et les brosser avec soin. Ces travailleurs ne soupaient parfois pas avant huit heures le soir. Ils recevaient de plus gros salaires que les autres ouvriers, mais ils les gagnaient! »

* tirer profil : expression qui veut dire “prendre avantage d’une situation”
* charretier : personne qui conduit une charrette pour transporter des gens ou des équipements
* étriller : brosser

Source : Thomas Boucher, Mauricie d’autrefois, Le Bien Public, Trois-Rivières, 1952, 77-78. Cité dans Lacoursière, Provencher, Vaugeois, Canada-Québec: Synthèse historique, Éditions du renouveau pédagogique, Montréal, 1976, p.448.

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